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1. Une croissance mondiale plus vigoureuse qu’anticipé. L’économie mondiale évolue actuellement dans un environnement macroéconomique idéal, marqué par une croissance soutenue et une inflation modérée. L’assouplissement progressif des politiques monétaires, combiné à un soutien budgétaire toujours présent, alimente cette dynamique porteuse. Aux États‑Unis, l’économie pourrait même fonctionner en surrégime jusqu’aux élections de mi‑mandat de novembre.
2. Hausse des taux longs, portée par le Japon. Depuis mai, le rendement des obligations d’État japonaises à 10 ans a augmenté d’un point, pour atteindre 2,3 %. Cette hausse s’explique par des taux réels durablement négatifs et par des plans de relance publique ambitieux. Une victoire du PLD lors des élections anticipées du 8 février devrait renforcer l’attrait des actions japonaises, mais pourrait mettre les rendements obligataires et le yen sous pression.
3. Le grand retour des marchés émergents. Les marchés émergents regagnent du terrain, soutenus par des flux de capitaux provenant d’investisseurs historiquement sous‑pondérés. Le contexte leur est particulièrement favorable : détente des taux, forte exposition aux technologies et aux matières premières, valorisations attractives et dynamique positive des bénéfices. Nous maintenons une opinion Positive sur les actions et obligations émergentes, avec une préférence pour l’Amérique latine et les actions A chinoises.
4. Les métaux brillent encore en janvier. Malgré la volatilité récente, les métaux précieux ont progressé de 21 % et les métaux industriels de 5 % sur le mois. La demande mondiale reste soutenue, tandis que l’offre demeure contrainte, sur fond de tensions géopolitiques croissantes. Nous conservons une opinion Positive sur l’or ainsi que sur les métaux industriels stratégiques, comme le cuivre.
5. Zoom sur les infrastructures. Les besoins croissants en électricité et l’accélération des dépenses publiques renforcent l’attrait pour les infrastructures. Dans un portefeuille diversifié, ce segment joue un rôle structurant. Les investisseurs peuvent envisager une exposition via des fonds ou ETF cotés, ou via des fonds privés d’infrastructures, offrant potentiellement des rendements plus élevés en contrepartie d’une liquidité plus réduite.
Depuis plus d’une décennie, le marché financier mondial s’est structuré autour de certitudes devenues presque dogmatiques : domination des actifs américains, dollar structurellement fort, primauté des valeurs de croissance et abondance de liquidité. Or, les signaux observés à l’orée de 2026 dessinent une rupture nette avec ce cadre établi.
Pour les investisseurs, la question n’est plus de savoir s’il faut investir, mais comment investir dans un environnement profondément reconfiguré, marqué par le retour des cycles, la diversification géographique et la montée en puissance des actifs réels.
La dynamique actuelle invite à repenser le placement financier à l’aune de facteurs macroéconomiques longtemps relégués au second plan : politiques budgétaires expansionnistes, inflexions monétaires différenciées, tensions géopolitiques persistantes et redéfinition des rapports de force économiques mondiaux. C’est cette nouvelle grille de lecture que propose d’explorer cette analyse.
1. Un environnement macroéconomique mondial exceptionnellement favorable
Une croissance mondiale plus vigoureuse qu’anticipé
Contrairement aux scénarios de ralentissement longtemps anticipés, la croissance mondiale affiche une résilience remarquable. Les principales économies avancées comme émergentes bénéficient d’un soutien budgétaire massif, tandis que la normalisation progressive des politiques monétaires contribue à stabiliser l’activité.
Cette synchronisation rare constitue un socle particulièrement porteur pour les marchés financiers, en restaurant de la visibilité sur les trajectoires de croissance à moyen terme.
Une inflation sous contrôle, condition clé pour investir dans les actifs risqués
L’un des éléments structurants de ce nouveau cycle réside dans le reflux progressif des pressions inflationnistes. Le ralentissement des tensions salariales, la stabilisation des loyers et la détente des prix de l’énergie permettent d’envisager un scénario dans lequel la croissance s’installe sans surchauffe.
Dans ce contexte, investir dans les actifs risqués retrouve une légitimité macroéconomique, tant pour les investisseurs institutionnels que pour les grandes fortunes privées.
Des politiques monétaires toujours accommodantes
Les banques centrales, au premier rang desquelles la Réserve fédérale américaine, disposent désormais de marges de manœuvre pour assouplir leurs conditions financières sans compromettre leur crédibilité. Les anticipations de baisse des taux soutiennent mécaniquement les placements financiers, qu’il s’agisse des actions, du crédit ou des actifs réels, tout en favorisant une reprise de l’appétit pour le risque à l’échelle mondiale.
2. Le basculement du leadership mondial : émergents, Japon et actifs cycliques
Le grand retour des marchés émergents
Une rupture historique dans la hiérarchie des marchés financiers
Après plus de dix ans de sous-performance relative, les marchés émergents amorcent un retournement majeur. Pour la première fois depuis plusieurs années, leur performance dépasse celle des grandes capitalisations américaines sur une base annuelle, marquant un changement de régime dans la hiérarchie des marchés financiers.
Des facteurs structurels favorables à l’investissement de long terme
Ce renouveau repose sur des fondations solides. De nombreux pays émergents bénéficient d’une démographie dynamique, d’une population active en expansion et d’une montée en puissance rapide de leur classe moyenne. Ces facteurs soutiennent la consommation domestique et renforcent la visibilité sur la croissance à long terme. Dans ce contexte, investir dans les marchés émergents redevient une thèse stratégique cohérente, loin des approches opportunistes de court terme.
Valorisation, devises et dynamique bénéficiaire
À ces éléments s’ajoutent des valorisations attractives et une amélioration sensible de la dynamique bénéficiaire. La perspective d’une appréciation des devises émergentes face au dollar renforce encore l’attrait de ces zones pour investir en bourse, notamment via des fonds d’investissement spécialisés capables de capter cette reprise structurelle.
Le Japon au cœur des recompositions du marché financier mondial
Le retour des taux japonais et ses implications globales
Le Japon occupe une place singulière dans ce nouveau cycle. La remontée des rendements obligataires à des niveaux inédits depuis la fin des années 1990 traduit un changement profond du régime monétaire local. Cette évolution influence les flux de capitaux internationaux et impose de nouveaux arbitrages entre obligations et actions dans les placements financiers globaux.
Un risque de contagion maîtrisé pour les marchés financiers internationaux
Malgré ces tensions sur les taux, le risque de contagion reste limité. La détention majoritairement domestique de la dette japonaise agit comme un amortisseur naturel. Pour les investisseurs internationaux, le Japon apparaît davantage comme une source d’opportunités sélectives que comme un facteur de déséquilibre systémique.
3. Vers une nouvelle faiblesse structurelle du dollar américain
Un dollar surévalué face aux fondamentaux du marché financier mondial
Longtemps perçu comme une valeur refuge incontestable, le dollar américain apparaît aujourd’hui surévalué au regard de ses fondamentaux de long terme. Les écarts persistants avec les estimations de parité de pouvoir d’achat, combinés à la désynchronisation croissante des politiques monétaires, plaident en faveur d’un affaiblissement progressif du billet vert.
Volatilité accrue sur les marchés des changes
Cette phase de transition s’accompagne d’une volatilité accrue sur les marchés des changes. Pour les investisseurs internationaux, ces mouvements imposent une gestion plus active des expositions en devises et une réflexion approfondie sur les zones dans lesquelles investir en bourse devient structurellement plus attractif.
Scénarios de change et implications pour les placements financiers
Les projections à douze mois suggèrent une appréciation de l’euro face au dollar et un renforcement du yen. Ces évolutions modifient sensiblement le rendement attendu des actifs internationaux et renforcent l’intérêt d’une diversification géographique rigoureuse des placements financiers.
4. Matières premières et métaux : un pilier du placement financier de demain
L’or et les métaux précieux dans une logique de placement financier défensif
Dans un environnement marqué par des incertitudes géopolitiques persistantes, l’or conserve un rôle central. Sa fonction de réserve de valeur et de diversification en fait un pilier naturel du placement financier de long terme, en particulier lorsque la crédibilité des devises est questionnée.
Métaux industriels et électrification mondiale
Au-delà des métaux précieux, les métaux industriels bénéficient d’une dynamique structurelle portée par l’électrification, la transition énergétique et la digitalisation. Pour investir dans ces grandes transformations, les investisseurs peuvent s’appuyer sur des actions sectorielles, des ETF spécialisés ou des fonds d’investissement thématiques.
5. Infrastructures : le socle discret mais stratégique du placement financier
L’infrastructure comme classe d’actifs à part entière
Les infrastructures s’imposent progressivement comme une classe d’actifs incontournable. Leur capacité à générer des flux de revenus stables, leur faible corrélation avec les marchés cotés et leur rôle de protection contre l’inflation renforcent leur attractivité dans les portefeuilles diversifiés.
Trois moteurs structurels de long terme
La digitalisation, l’électrification et la relance des investissements publics alimentent un cycle d’investissement massif. Ces dynamiques soutiennent l’essor de fonds d’investissement spécialisés, tout en offrant des opportunités concrètes pour investir en bourse via des infrastructures cotées.
Modalités d’exposition selon le profil d’investisseur
Les infrastructures cotées constituent une solution liquide et accessible, tandis que les stratégies non cotées s’adressent aux investisseurs disposant d’un horizon plus long, en quête de rendements potentiellement supérieurs dans leur placement financier global.
6. Principales convictions et recommandations d’allocation pour 2026
Synthèse des grandes convictions d’investissement
L’année 2026 s’ouvre sur un biais cyclique assumé. Les marchés émergents, le Japon et certains secteurs industriels apparaissent comme les principaux bénéficiaires de la reconfiguration macroéconomique en cours. Cette approche implique un rééquilibrage raisonné des placements financiers, au détriment des zones et segments survalorisés.
Le rôle central des actifs réels dans les portefeuilles
Matières premières, infrastructures et secteurs cycliques constituent désormais des piliers essentiels pour investir dans un monde fragmenté, où les chocs géopolitiques et macroéconomiques demeurent structurels.
7. Investir en 2026 avec une lecture renouvelée du marché financier
Le cycle qui s’ouvre impose de dépasser les réflexes hérités de la décennie passée. La fin progressive du dollar dominant, le retour des marchés émergents et la montée en puissance des actifs réels redessinent les contours du marché financier mondial. Pour les investisseurs avertis, l’enjeu n’est pas d’anticiper chaque mouvement de court terme, mais de construire des placements financiers cohérents, diversifiés et résilients, capables de traverser durablement ce nouveau régime.
8. Nos principaux thèmes d’investissement pour 2026
1. Un retour assumé de la cyclicité sur les marchés financiers
L’environnement macroéconomique de 2026 marque la sortie progressive d’un cycle dominé par la liquidité et les valeurs défensives. La combinaison d’une croissance mondiale résiliente, d’une inflation mieux maîtrisée et de politiques monétaires encore accommodantes crée un cadre propice à un biais plus cyclique dans les allocations.
2. La fin progressive de l’exceptionnalisme américain et du dollar fort
Après plus d’une décennie de surperformance, les actifs américains entrent dans une phase de normalisation. Le dollar apparaît structurellement surévalué, tandis que la désynchronisation des politiques monétaires plaide pour une diversification accrue des expositions géographiques et monétaires.
3. Le retour en grâce des marchés émergents comme moteur de performance
Les marchés émergents bénéficient d’un alignement rare de facteurs favorables : démographie dynamique, reprise de la croissance domestique, valorisations attractives et amélioration du momentum bénéficiaire. Ce changement de régime ouvre de nouvelles perspectives pour investir en bourse sur le long terme, au-delà des marchés développés traditionnels.
4. Le Japon comme zone stratégique dans la recomposition mondiale
La remontée des taux japonais et l’évolution du cadre monétaire redonnent de la visibilité aux actifs nippons. Le Japon s’impose comme une zone d’allocation à part entière, tant pour ses actions que pour son rôle structurant dans les équilibres financiers globaux.
5. Les actifs réels au cœur des placements financiers de long terme
Matières premières, métaux stratégiques et infrastructures constituent des piliers essentiels dans un monde marqué par l’électrification, la transition énergétique et les tensions géopolitiques. Ces actifs offrent à la fois diversification, protection contre l’inflation et exposition à des tendances structurelles durables.
6. Les infrastructures comme socle de résilience et de rendement
Portées par la digitalisation, les besoins énergétiques croissants et les plans d’investissement publics, les infrastructures s’imposent comme une classe d’actifs stratégique. Elles trouvent naturellement leur place dans les portefeuilles via des fonds d’investissement cotés ou non cotés, selon l’horizon et le profil de risque des investisseurs.
7. Une approche d’investissement plus globale, disciplinée et sélective
En 2026, investir ne consiste plus à suivre un moteur unique de performance, mais à construire des allocations diversifiées, capables d’intégrer la complexité du nouveau régime économique. La sélectivité, la diversification géographique et l’équilibre entre actifs financiers et actifs réels deviennent des principes centraux du placement financier.
Global Chief Investment Officer